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LA PASSION SELON ZWOBADA
Un documentaire de Christophe Horner et Gilliane Le Gallic (’55)
Coproduit par ETC – La Sept – ARTE
Diffusion sur ARTE le 15 Janvier 1996
(Extraits)

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« Quand je dessine, il semble que tout mon être se tend dans un effort suprême pour atteindre à la fois toute la sensation et capter le rythme qui l’éveille ».

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En 1921, Jacques retourne aux Beaux-Arts. C’est là qu’il rencontre un autre jeune sculpteur, René Letourneur.

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Bien qu’ils l’ignorent encore, ce hasard va forger leur destin. Si René admire l’acharnement avec lequel Jacques poursuit cette très fugitive inspiration divine, ce génie en lui, de son côté, Jacques voit en René une sorte d’image idéale de lui même, au point de vouloir parfois prendre sa place. Essentiellement complémentaires, les 2 artistes deviennent inséparables.

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Les deux hommes décident de travailler ensemble pour un concours pour le monument du Général Bolivar à Quito en Équateur. Le concours attire plus de 150 candidats. Le grand sculpteur Aristide Maillol préside le jury.

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À leur grande surprise, c’est leur projet monumental qui l’emporte. D’un seul coup, Jacques et René gagnent une renommée internationale.

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La construction du Bolivar demande trois ans de travail acharné. Bâti pour l’éternité, l’échelle de la pièce et sa mise en œuvre exigent la maîtrise de procédés souvent plus techniques qu’artistiques. Le monument faisait 16 m de long et 9m de haut.

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En 1933, le Bolivar est exposé à Paris au Musée de l’Orangerie avant de partir pour l’Équateur.

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Ce sera un triomphe unique. Ce sera aussi la seule œuvre commune de Jacques et René.

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En 1933, René épouse Antonia. Quelques mois plus tard, Anne voit le jour.

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Antonia a 19 ans, elle déborde d’idées, d’opinions, de vie et apporte à Fontenay une énergie impossible à ignorer.

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C’était une fille éclatante qui s’imposait par sa réflexion. Elle réussissait à voir des choses qui à d’autres échappaient. Jacques aimait beaucoup discuter avec elle. Artiste elle-même, elle espère aussi trouver sa voie.

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Après le Bolivar, le succès est tel que les ateliers de Jacques et René auraient pu devenir des usines à sculpter, mais chacun préfère travailler seul, sans un essaim d’assistants, refusant de jouer le jeu de la réussite sociale. Entre 1933 et 1939, Jacques et René exécutent de très nombreuses commandes publiques.

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C’est une époque assez dorée.

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À 34 ans, Jacques obtient son premier poste de professeur de dessin à l’École des Arts Appliqués. Jacques enseigne avec conviction l’importance de la nature, base du vocabulaire créatif et celle du dessin, base de toute interprétation artistique. Ses étudiants l’aiment et le respectent.

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Jacques fait la guerre. À cause de son œil, il est affecté à l’intendance à Brétigny, à côté de Fontenay.

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Ils survivront à la guerre qui fait rage en Europe mais personne ne sortira indemne de celle qui va éclater à Fontenay. Si René et Antonia s’aiment encore, ils ne sont pas vraiment fait l’un pour l’autre. Dans la maison d’à côté, Jacques, à 42 ans, est en proie à l’angoisse. Il n’a jamais été aussi seul. Il désespère de se renouveler. « Je suis de plus en plus troublé par cette force intérieure et je suis bien prêt de rejeter tout ce qui me semble réel pour conquérir enfin une forme qui saura satisfaire non mon œil, mais le domaine de mon âme ».

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Un après-midi de juin 42, Jacques est à sa fenêtre : « Il faisait doux, l’ombre était rose et profonde, et le soleil trainait l’or sur l’herbe humide. Antonia m’est apparue ». En cet instant, dix ans après leur première rencontre, tout devient clair : « Telle une vision divine, tout son être irradie la vie. Est-ce réel, est-ce imaginaire ? »

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Jacques commence à tenir son journal.

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Puis, quatre mois plus tard, sur ce même banc, il déclare son amour à Antonia. Loin de l’accepter sans réserve, elle lui donne pourtant des raisons d’espérer. C’était le 6 octobre : « Ma vie commence en cet après-midi d’automne, une étincelle a jailli et depuis tout brûle, tout est incandescence, tout est transformation, tout est amour. »

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Cette révélation est le début d’une série fleuve de plus de mille lettres à celle qu’il voit comme le centre de sa passion et de sa vision artistique.

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Le nouveau bonheur de Jacques s’exprime dans l’éclatante sensualité des dessins qui comme une seconde nature jaillissent de sa main.

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La seule idée qu’Antonia existe est une source immense d’inspiration et d’espoir qui le mène naturellement vers l’abstraction.

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Jacques fait d’elle l’œuvre d’art mythique, la femme, toute les femmes, l’Eurydice de son Orphée, une déesse de beauté et de sublime sensualité.

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La libération s’arrête aux portes de Fontenay où Antonia se trouve prise dans l’œil du cyclone entre René qui lui fait miroiter un autre enfant et Jacques qui lui offre la sublimation dans l’art : « Ta lettre me dit combien ton abstraction te porte en avant. Pour moi c’est la seule expression du mystère. L’art n’est qu’un spectacle pour l’art. Il faut être touché par ces formes qu’évoquent en vous l’expression intense de la vie que nous portons en nous ».

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Jacques propose alors d’adopter Anne, la fille de René.

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En 1947, Antonia convient enfin que sa place est auprès de Jacques.

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Il l’accompagne en Italie. Désormais, 6 ans après leur révélation amoureuse sur le banc de Fontenay, ce 6 octobre1942 devient leur date anniversaire et le 6 leur chiffre magique.

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Après ces 6 années de tourments, le voyage de Jacques et Antonia en Italie, cet été 47, est une renaissance à la lumière. Tous les 2 connaissent le soulagement d’une décision enfin prise.

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Jacques est enchanté par la seule vue des oliviers qu’il dessinera tout au long de sa vie